Architecture

Toute la tradition, toute la culture d’un peuple se retrouve dans son habitat. Une humble ferme du plus reculé de nos villages peut nous apprendre davantage sur l’histoire de l’Alsace que la cathédrale de Strasbourg, si nous savons interpréter le message que les années ont gravé dans ses pierres.

La forme d’une maison n’est pas dictée par le hasard. Elle est tributaire à la fois du milieu naturel où elle se trouve (climat, nature et relief du sol, matériaux disponibles, etc.), du mode de vie de ses habitants (manière de travailler, de manger, de dormir.), de leur richesse, de leur rang social, et même de manière de penser, de leurs croyances.

Le village de Steige possède avec celui d’Albé le plus bel ensemble architectural du Val de Villé. Toutefois, alors qu’Albé a emprunté beaucoup de caractères architecturaux à l’Alsace germanophone, Steige, au contraire, plus proche géographiquement et linguistiquement de la Lorraine francophone, a opté pour les modes de construction en usage outre-Vosges, mais en les adaptant aux conditions locales.

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Steige est donc à la partie francophone du Val de Villé, ce qu’Albé est à la partie dialectophone : le village de référence pour tout ce qui concerne le patrimoine architectural. Le voyageur qui arrive de Lorraine ou celui qui s’y rend pense avoir vu de belles choses, mais en traversant Steige, il révisera son opinion et se laissera envahir par l’émerveillement. Ici, la maison traditionnelle du Val de Villé a atteint sa plénitude, elle y a produit ses plus beaux spécimens. Nulle part le travail de la pierre n’ a été autant poussé à la perfection. La richesse de ce patrimoine a été signalée depuis longtemps, mais il s’appauvrit progressivement. Seule une prise de conscience collective peut inverser la tendance.

Steige peut être considéré comme une sorte de catalogue de la maison traditionnelle du Val de Villé : presque toutes les variantes y sont représentées avec, bien entendu, quelques modèles exclusifs.

La maison de Steige est l’habitat d’un agriculteur-éleveur de montagne pratiquant la viticulture et s’adonnant encore à des activités artisanales, notamment au tissage à domicile. Les bâtiments, à un ou deux niveaux d’habitation, ont orienté le logis de préférence vers l’est, vers l’aval. Quand ce dernier ne s’étend que sur un niveau, il s’étire souvent en longueur.

Les encadrements des baies sont en grès des Vosges taillé, généralement mouluré avec soin. Ceux des portes du logis sont particulièrement soignés et les linteaux passent pour les plus intéressants de la vallée, tant par la qualité de leur exécution que par leur diversité.

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Le pignon du logis, rarement droit comme dans les villages dialectophones, mais souvent coupé par une demi-croupe, est fermé par du pan-de-bois, voire des planches, recouvertes parfois de plaques d’éternit. Les fermetures en maçonnerie doivent être rangées parmi les hérésies modernes. Quelques pignons sont encore ornés d’une galerie de bois en encorbellement. Cette caractéristique, une originalité dans la partie francophone de la vallée, constitue l’un des charmes du village.

Le côté ouest des maisons, c’est-à-dire la partie exposée à la pluie, est parfois protégé par un prolongement de la croupe droite du toit sur un appentis accolé au mur-pignon arrière du bâtiment. Ce pan de toit qui descend presque jusqu’au niveau du sol forme à l’arrière de l’habitation une sorte de bouclier contre les intempéries, ou, si l’on préfère, une traîne écaillée de tuiles qui fait penser aux longues capes des reines et des dignitaires d’autrefois.

Enfin, l’entrée de la grange pratiquée dans le mur gouttereau donnant sur la rue peut être complétée par une autre, aménagée à l’arrière du bâtiment dans le toit du fenil et communiquant avec l’extérieur grâce à un pont. Cette installation se rencontre surtout dans les fermes adossées à la pente de la montagne.

La toiture

La couverture

Sur les toits de Steige, la chaume ou les bardeaux ont disparu depuis longtemps, remplacés d’abord par des tuiles plates de couleur brune, puis par des tuiles mécaniques aux teintes plus claires. Les tuiles plates sont presque toujours assemblées selon la technique dite : « de couverture simple » consistant à joindre les tuiles bord à bord en glissant sous la jointure une fine échandole ou bardeau de pin ou de sapin pour en assurer l’étanchéité. Il n’existe pratiquement plus de maison possédant un toit entièrement couvert de tuiles plates, seuls certains versants, par exemple des maisons n°23 ou 200, présentent encore des ensembles complets de tuiles plates moirées par la patine du temps. Sur la plupart des toits, les tuiles plates cèdent de plus en plus la place aux tuiles mécaniques plus pratiques, plus efficaces mais aussi moins durables. Au fil des ans, on voit progresser le nouveau type de couverture sur les toits du village. Au fur et à mesure des réfections, les rangées de tuile mécanique repoussent les rangées de tuiles plates vers le faîte, jusqu’à leur complète disparition. On peut constater les différentes étapes de cette évolution en comparant les toitures des maisons n°176, 23, 214, 158 et 36.

L’usage des tuiles faîtières pour la couverture des arêtes du toit est assez peu répandu (maison n° 206 et 213), on lui préfère de loin l’emploi de tôles galvanisées, moins coûteuses, mais aussi moins esthétiques, surtout lorsqu’elles ont la mauvaise idée de rouiller.

La pente du toit

Dans leur grande majorité les toits de Steige présentent une pente oscillant autour de 45 degrés. Certains toits plus récents (maison n°197) ont parfois une pente encore plus douce, tandis que d’autres (maison n°123) sont hauts et pentus comme ceux des fermes de la plaine d’Alsace.

Assez fréquemment à la base du toit reposant sur les murs gouttereaux, la pente est atténuée par un égout retroussé selon une habitude fort répandue dans le reste de l’Alsace. Une seule maison (n°94) est coiffée d’un toit brisé, cas plutôt rare dans le Val de Villé.

La forme du toit

Comme les maisons de Steige sont de longs bâtiments relativement étroits, la forme de leur toit a été imposée par cette caractéristique. Le toit est donc le plus souvent formé de deux longs-pans reposant sur les murs gouttereaux et se rejoignent au faîte orienté dans le sens de l’axe du bâtiment. Presque toujours, le toit à deux long-pans est coupé à l’une de ses extrémités, soit même aux deux, par une demi-croupe à pente douce ou à pente raide. Parfois les long-pans du toit sont réunis à l’une de leurs extrémités, surtout du côté ouest d’où vient la pluie, par une croupe droite (maisons n°23, 131). Cette dernière peut être prolongée vers le bas par le toit d’un appentis et former à l’arrière du bâtiment un véritable bouclier contre les intempéries (maisons n°24, 200).

Enfin, quelques maisons, surtout parmi celles qui ont été construites au XVIIIe siècle (n°148, 153, 176) sont coiffées d’un toit à quatre pans, se composant de deux long-pans coupés à chaque extrémité par une demi-croupe. La mode de ces toits a été introduite dans les campagnes alsaciennes au cours du XVIIIe siècle.

 

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